Vous êtes ici :

Ibrahim Da Silva (Coach Dynamo d’Abomey) : “il y a moyen de viser plus haut” (Entretien exclusif)

Dynamo d’Abomey a fini au pied du podium à l’issue de la première partie de la Super Ligue Pro. Mais le club de la cité royale ne compte pas se contenter de cette place et veut se retrouver plus haut à la fin de la saison. Avant de recevoir Aspac ce dimanche pour la 13e journée de SLP, Ibrahim Da Silva, entraîneur de Dynamo, a accordé un entretien à Koudenvoi. Nous sommes revenus sur la première partie de saison avant de nous projeter sur la seconde phase.

Koudenvoi : La seconde partie de la saison de Super Ligue Pro commence ce dimanche pour Dynamo d’Abomey avec la réception de d’Aspac. Dans quel état d’esprit se trouve le groupe ?

Ibrahim Da Silva : Nous sommes dans un bel état d’esprit. Dynamo est un club qui fait son petit bonhomme de chemin et donc, on est serein. Ça n’a pas été facile cette première phase durant laquelle on a laissé quelques plumes par moment. Ce, dans des matchs sur lesquels on pouvait faire mieux. On a conscience qu’on a fini avec un goût d’inachevé. C’est fort de toutes ces expériences, ces acquis que nous nous préparons pour cette seconde phase décisive. Il faut la jouer avec beaucoup de concentration.

Koudenvoi : Dynamo d’Abomey est actuellement 4e au classement. Quels sont  les objectifs qui vous étaient assignés en début de saison par la direction du club ?

Ibrahim Da Silva : Les objectifs n’ont jamais changé depuis mon arrivée ici. Celle d’être le plus haut possible. Lorsqu’on se hisse à la 4e loge à l’issue de la première partie, c’est qu’il reste encore beaucoup à faire. C’est la preuve que nous avons encore une grande marge de progression. On en est conscient, on y travaille. Que ce soit le staff, les joueurs, mais aussi les dirigeants. C’est un gap qu’on se doit de combler. Et on mettra tout en œuvre pour cela. 

Koudenvoi : Vous avez connu un début de saison poussif avec trois matchs nuls durant les premières sorties. Qu’est-ce qui a été à la base d’une telle entrée en matière ?

Ibrahim Da Silva : bah, la première raison c’est qu’on venait tout juste de commencer (sourire). On aurait souhaité connaître un meilleur envol. Mais je pense qu’il y avait aussi de très bonnes équipes en face. Et puis en soit, un match nul n’est pas un si mauvais résultat. Mais toujours est-il que cela a un peu semé le doute dans notre tête à un moment donné. Mais fort heureusement, on a su revenir très vite. Ça fait partie des raisons pour lesquelles j’avais parlé de la première partie de saison qui se termine sur un goût d’inachevé. C’était des matchs sur lesquels on pouvait espérer mieux.

Koudenvoi : La première journée a été marquée par des “manifestations” des supporters de Dynamo d’Abomey. Lorsque la saison commence de cette manière, quel impact cela a eu sur le groupe ? Comment mentalement, on arrive à faire fi de tout ceci pour continuer la saison ?

Ibrahim Da Silva : Ça a d’abord été surprenant pour nous. C’est quelque chose qu’on a eu à déplorer d’ailleurs. Mais ça n’a pas ému tant que ça le groupe. Que ce moi, le staff et la direction sportive, on a eu les mots qu’il faut pour amener les garçons à rester droits dans leurs bottes. Nous-mêmes, on s’est auto-galvanisé parce qu’il ne fallait pas plonger. S’il faut se laisser abattre par les sautes d’humeur des supporters, en plus du fait qu’on enchaînait pas les victoires, cela aurait posé un problème. L’incident a très vite été conjugué au passé et l’harmonie est vite revenue dans la maison. Je pense qu’il y a beaucoup de non-dits et de mal compréhension. Les supporters dans leur rôle, n’ont pas compris un certain nombre de choses et ont accusé à tort. Mais je pense qu’ils ont à présent compris et l’important est que la paix soit revenue. Nous en sommes heureux.

Koudenvoi : Les résultats se sont nettement améliorés par la suite. Rodolpho Aloko, revenu de la CAN U20, n’a pas été étranger à cela. À quel point le numéro 10 de Dynamo est important dans l’effectif ?

Ibrahim Da Silva : il n’y a pas que lui. Pour moi, c’est tout le groupe qui est important, avec chacun qui joue sa partition. Le public, les médias voient peut-être Rodolpho, mais moi je vois plus le groupe. Ce groupe a été magnifique, fort et uni. Et c’est ça le secret. Pour que Rodolpho reçoive de bons ballons, il faut derrière des gens pour porter le ballon jusqu’à lui. Et c’est cet esprit de solidarité, l’entraide qui rend fort le groupe. La star de mon équipe, c’est le collectif. 

Koudenvoi : Une des forces de Dynamo d’Abomey, c’est sa capacité à faire de gros résultats à la maison. Vous êtes reconnus comme une des équipes intraitables à domicile. Cependant, le rendement est loin d’être le même à l’extérieur. Au-delà du fait que le public ne soit pas acquis à votre cause, qu’est-ce qui explique cela?

Ibrahim Da Silva : À mon avis, lorsqu’on fait le compte, le bilan n’est pas si mauvais en soit. Deux défaites et quelques matchs nuls certes, mais on continue de faire notre petit bonhomme de chemin. Je pense que c’est parce que vous avez remarqué qu’il y a de la qualité dans cette équipe que vous ressortez ces aspects. Je pense que vous êtes dans une démarche qui consiste à nous amener à bien faire. C’est dans ce sens que je vois la question. Nous en sommes aussi conscients car nous savons que pour aller plus haut, il va falloir tenir bon durant les déplacements, bien négocier les matchs à l’extérieur. Et nous y travaillons.

Koudenvoi : Cette équipe manque-t-elle de caractère une fois à l’extérieur selon vous ?

Ibrahim Da Silva : J’assimile plus cela à un manque de concentration. Il y a l’aspect moral et psychologique qui joue. On n’arrive pas encore à passer ce cap. Nous devons faire en sorte de franchir ce pallier. C’est ce qui fera de nous, un club encore plus craint. Nous étions meilleurs dans ce compartiment quelques saisons en arrière. Cette saison, on a un peu plus de mal mais on trouvera la formule pour arriver à bout de cette situation.

Koudenvoi : L’on a aussi parfois l’impression que l’équipe a du mal à faire des matchs pleins. Il y a des matchs durant lesquels l’équipe connaît une grande baisse de régime en deuxième mi-temps. Est-ce un problème physique ou une fois encore, un souci au niveau psychologique ?

Ibrahim Da Silva : Je ne suis pas forcément de cet avis. Il y a certes eu des matchs où on a souffert en fin de match. Mais pas sur l’ensemble de la première partie de saison. Il y a des équipes qui inversement ont eu des difficultés face à nous en fin de rencontre. Cependant, votre contact est clairement vérifié sur certains matchs. On peut prendre par exemple le match face à AS Takunnin (victoire 2-1) à domicile. J’avoue que cela a été plus dû à changement de ma part qui ne s’est pas avéré payant. Et cela a suffi à désorganiser ce qu’on avait mis en place et j’en suis conscient. Ensuite, il y a un carton rouge qui survenu, qui nous a réduit à 10. On a également concédé un penalty bref, ce sont des faits de jeu qui vous contraignent à subir le reste du match. 

Koudenvoi : Parmi les axes de progression de Dynamo, il y a aussi le réalisme des attaquants devant les buts. Le match face à AS Takunnin est également révélateur de cette lacune.

Ibrahim Da Silva : Clairement. Souvent je revois certaines séquences des matchs précédents et ça me fait sourire. C’est comme si on se tirait une balle dans le pied (rire). Aucun de nos adversaires n’a autant d’occasions que nous durant les matchs. On en vendange beaucoup mais cela ne veut pas dire qu’on n’y travaille pas. Une partie de nos entraînements est dédiée à cela. Mais c’est un problème qui touche le football béninois en général. Il revient à nous entraîneurs, de nous remettre en cause afin de trouver d’autres alternatives pour que nos joueurs soient plus performants dans ce secteur. 

Koudenvoi : Dynamo d’Abomey a encore des problèmes face aux “gros” du championnat. Qu’est-ce qui manque pour enfin arriver au niveau des équipes comme Loto-Popo et Coton FC ?

Ibrahim Da Silva : Lorsqu’on prend la physionomie des matchs qu’on a disputés face aux équipes du haut de tableau, on a été loin d’être ridicule. Je dirai que mes joueurs respectent un peu trop l’adversaire en face dans ce genre de match. Ce qui nous amène parfois à faire des entames de match un peu ratées. Si je me réfère au match face à Coton, on prend coup sur coup trois buts sur des erreurs monumentales. On ne peut que s’en vouloir à nous-mêmes. Malheureusement le réveil a été tardif pour finir le match à 3-2. L’apprentissage continue. On a de la valeur en termes de production de jeu. Lorsqu’on parle de “grosses équipes”, pour moi c’est relatif. Mais on s’attèle à faire mieux. Je crois qu’il n’y a que Coton FC qu’on a pas encore battu. Ce n’est pas spécialement un défi. On le prendra comme les autres matchs et on va le préparer. 

Koudenvoi : Finir dans le Top 5 serait-il synonyme de saison réussie ?

Ibrahim Da Silva : Non, pas du tout. On l’a déjà fait la saison dernière. Je pense qu’il y a moyen de viser plus haut.

Koudenvoi : Cela passera déjà par le match de ce dimanche face à Aspac. Comment l’entrevoyez-vous ?

Ibrahim Da Silva : Ce sont des habitués du championnat, qu’on respecte beaucoup. On va aborder la rencontre avec la même envie qu’au match aller. On est prêt. 

Koudenvoi : Votre mot de la fin

Ibrahim Da Silva : Eh bien merci pour l’intérêt que vous portez à notre modeste personne. Cela prouve que nous sommes en train de faire quelque chose d’intéressant.

Votre bulletin d’informations…

3 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire

Votre bulletin d’informations…