Vous êtes ici :

Ayema FC est injouable dans son antre cette saison

super ligue pro
super ligue pro
super ligue pro
super ligue pro

Depuis plus de deux mois, les pelouses béninoises sont témoins de plusieurs scénarios dont les plus remarquables ont fait chavirer plus d’un. Des buts, du spectacle, tout était parfait pour vivre une grande fête du football local. Quand bien même la rivalité naissante entre Loto-Popo et Coton tenait tout le monde en haleine, certaines équipes dont Ayema FC ont, à l’abri des regards, réalisé des performances XXL quitte à rester invaincu à domicile. Un exploit qui a suscité une curiosité sans pareille et Koudenvoi vous expose les raisons avec la participation de Dicorel Zohou, journaliste sportif. 

Dans le sport en général, et dans le football en particulier, il est de coutume de dire que jouer à domicile représente un avantage certain. Quoi qu’il en soit, c’est toujours mieux de jouer dans son stade habituel que de se déplacer. En Super Ligue Pro, il n’y a qu’à regarder les chiffres. Après 12 journées de championnat, trois équipes dont Ayema FC se sont révélées plus prolifiques dans leurs antres qu’en dehors de leurs bases. La palme revient même à Dadjè FC, adversaire du club de Pobè lors de la 16e journée de la SLP à Aplahoué ce samedi 13 mai, qui a pris jusque-là 100%  de ses points à domicile. 

Une équipe disciplinée et organisée à Pobè 

8 matchs, 6 victoires, 1 défaite et 1 nul. C’est le bilan d’Ayema à domicile cette saison. Il y a plusieurs facteurs qui justifient cette domination des équipes évoluant à domicile : le niveau de jeu, l’habitude de jouer sur ses installations, etc. Mais, ces dernières sont dotées de plusieurs armes offensives à faire valoir pour ne pas se faire surprendre. Dans le cas d’Ayema, il n’y a pas de différence. Il « fait partie des redoutables formations de la Super Ligue Pro au Bénin » comme l’a souligné Dicorel Zohou, journaliste à la télévision TVC. Pour lui, c’est donc normal que le club basé à Pobè soit injouable dans son antre. Pour la petite histoire, Ayema s’est révélé comme une équipe ambitieuse, voire imprévisible et n’a surtout pas froid aux yeux. C’est d’ailleurs la formation qui a infligé sa première  défaite à Loto-Popo cette saison mettant fin à sa série d’invincibilité en se reposant sur un effectif combatif. La raison : Ayema était à domicile. 

Ajouté à cela, la bande à Jonas Nounagnon réalise une saison de bonne facture. « Ayema FC est intraitable. A domicile, c’est une équipe  qui maîtrise son terrain (…) Quand vous regardez, Ayema a joué 12 matchs, 8 victoires dont 6 à domicile, 2 à l’extérieur. Seulement  3 défaites et 1 match nul avec 18 buts marqués (pendant la première partie de la saison, ndlr…). C’est quand même l’une des meilleures attaques du championnat aux côtés de Loto-Popo. Ils n’ont encaissé que 9 buts, ça fait donc la quatrième ou la cinquième défense de cette Super Ligue Pro. C’est une équipe qui joue pour le titre même si elle ne finit toujours pas champion, ses performances déterminent souvent le champion » déclare Dicorel Zohou à notre micro. 

En outre, pour avoir ces résultats, les Verts et Blancs ont l’habitude d’évoluer avec un système dont ils ont le secret. Les résultats que fait cette équipe constituent la résultante de son niveau et de son style de jeu. « Ayema a un style de jeu véritablement illisible par les adversaires, un style de jeu compliqué. C’est une équipe qui joue en bloc, tout le monde défend, tout le monde attaque. Il n’y a pas de star, c’est des gens qui se connaissent, qui se maitrisent, qui sont surtout humbles sur le terrain. Vous allez voir Ayema dans les grands matchs, il répond toujours présent parce que c’est une équipe qui sait s’adapter au style de jeu que propose son adversaire » a-t-il renchérit. La réussite des équipes jouant à domicile pourrait s’expliquer parfois par les défaillances des équipes  adverses. Ces dernières doivent en effet supporter la fatigue du déplacement, de l’éloignement de leurs bases, d’un régime alimentaire différent, etc. Ainsi, le niveau des équipes en déplacement serait plus ou moins amoindri. Dans ce registre, Ayema n’est pas épargné. 

Ayema voyage mal

En résumé, les hommes de Jonas Nounagnon ont fait de leur stade une forteresse : à domicile, Ayema est l’une des meilleures équipes de la Super Ligue Pro cette saison. Mais quand il voyage, la donne change. Sur ses 7 rencontres disputées à l’extérieur cette saison, le club de Pobè a autant gagné que perdu (3 fois) en plus d’un match nul. Et ces trois défaites ont été concédées face à Coton (1-0), ASPAC (2-1) et AS Cotonou (2-0). Un bilan mitigé qui fait d’Ayema l’une des équipes vulnérables à l’extérieur.

Quand Ayema se déplace, c’est surtout la défense qui vacille. La ligne défensive fait défaut et il a concédé 7 buts hors de sa base cette saison en Super Ligue Pro, soit 1 de plus qu’à domicile. La ligne offensive non plus ne répond pas présent en déplacement : pendant ses voyages, Ayema a inscrit 7 buts. C’est 13 fois moins que son rendement à domicile. Et cette statistique se vérifie surtout face aux cadors du championnat béninois. La dernière fois que la troupe de Jonas Nounagnon s’est rendue sur la pelouse d’une équipe du top 3, c’était en avril dernier face à Coton. Et Ayema s’est incliné 1-0. 

Pour Dicorel Zohou, cela ne présente aucun problème : « Quand vous regardez le ratio, 7 matchs, 3 défaites, c’est 50% de matchs perdus, 3 victoires, 1 nul. Ce n’est pas une équipe nulle à l’extérieur» a-t-il indiqué avant de poursuivre en ces termes. «Il y a des chaudrons au Bénin. Il y a des stades quand vous vous rendez, c’est compliqué pour vous de gagner et chaque équipe à ses réalités à domicile. Déjà pour gagner des titres, ce qui est conseillé, c’est de réussir à gagner tous ses matchs à domicile. Ce que Ayema fait à merveille. On va crier au scandale quand Ayema va perdre contre les derniers. Il gagne contre les concurrents directs. Mais s’il perd face à eux, on peut comprendre. C’est quand même difficile pour une équipe d’Ayema qui n’a pas forcément l’effectif le plus complet du championnat béninois, qui n’est pas parmi les clubs les mieux outillés en matière d’organisation, en matière de moyen, qui n’a pas une grande société derrière pour batailler comme Coton FC, Loto-Popo, Dynamo d’Abomey. Ce sont des clubs très organisés qui ont de grosses structures étatiques et privées derrière. Ce n’est pas le cas d’Ayema parce que parfois ça dépend du mental du joueur, ça dépend de la forme du joueur, ça dépend   des conditions de travail du joueur. Pendant les matchs à l’extérieur, il y a des intimidations qui se font. Si Ayema comme il le fait si bien peut réussir à gagner tous ses matchs à domicile, gagner 50% de ses matchs à l’extérieur, ce serait un bon travail et c’est ça qui fait qu’il joue les premières places du tableau.

». Ayema FC joue les troubles fêtes et s’impose comme un sérieux prétendant au titre et pour y arriver, il se doit de performer aussi bien à domicile comme à l’extérieur. Mais il semble que cela soit une rude épreuve car sans l’effervescence, le soutien, l’euphorie ou l’enthousiasme de ses supporters, il n’arrive pas à grand- chose. 

Le rôle essentiel du 12e homme

Pour se faire une idée claire et nette, en l’absence de leur public, les sportifs qui jouent à l’extérieur semblent notamment pâtir d’un manque de fougue. Ils sont privés des encouragements, des incitations et autres «olé !». Cela s’est observé chez Ayema lorsqu’il s’est incliné d’entrée contre ASPAC (…). Mais lorsqu’il est revenu à Pobè, il a retrouvé cette fougue, cette sensation de faire exploser le stade des cris et des chants. C’est alors qu’ il a enchaîné 6 victoires en autant de matchs pendant la phase aller. A cet effet, le fameux « 12e homme » désignant les supporters lorsqu’on parle du football, joue un rôle prépondérant.  « Ayema n’a pas forcément le public le plus chaud du Bénin, ni le plus formidable mais c’est le public le plus fidèle, le plus engagé. C’est un public qui est là quand ça ne va pas, qui est encore là quand ça va. C’est un groupe de supporters qui sait soutenir son équipe dans le bon comme dans le mauvais. Et c‘est ça qui fait que les joueurs réussissent toujours à se transcender dans les moments les plus difficiles» explique notre confrère. Les adversaires ont pu le voir de leurs propres yeux. Les supporters d’Ayema impressionnent. A un tel point que de nombreuses équipes se sont inclinées dans leur stade cette saison. «C’est vrai qu’Ayema ne peut pas être compté parmi les clubs communautaires, c’est un club très jeune. Ce n’est pas comme Dragons de l’Ouémé, Buffles du Borgou, Requins de l’Atlantique, Tonnerre de Bohicon, Panthères de Djougou, qui sont des clubs communautaires dont les ressortissants de ces villes se lisent à travers ces clubs. Ayema, certes, est un club du département de l’Ouémé, c’est un club naissant, c’est un club qui a beaucoup d’ambitions, qui a un projet assez rigoureux et son public sait quand même se donner. […] Ils sont présents dans la pluie comme sous le soleil et c’est ce qui fait la marque des grands supporters» a-t-il renchérit.

Votre bulletin d’informations…

Votre bulletin d’informations…