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Il faut qu’on cesse de nous prendre pour des cons (Guépards du Bénin)

Guépards Bénin 2024
Guépards Bénin 2024
Guépards Bénin 2024
Guépards Bénin 2024

Gernot Rohr, actuel sélectionneur de l’équipe nationale de football du Bénin, a communiqué, il y a deux jours, la liste des joueurs sélectionnés dans le cadre des journées FIFA 2024. Sous couvert de la Fédération Béninoise de Football, instance faîtière du football béninois. Mais il y a à dire. Par rapport à la liste et par rapport au football béninois en général. 

Depuis plusieurs années, le football mondial a subi et continue de subir une métamorphose. La politisation et l’argent ont fait du sport roi une mafia dont plusieurs clubs et équipes sont volontairement ou pas (malheureusement) membres. Cela se comprend en soi. Et puis après a-t-on vraiment le choix ? Il va cependant falloir que les patrons du football béninois nous disent clairement où est-ce que nous, on en est dans tout ça. 

C’est avec désarroi que les acteurs à divers niveaux ont découvert la liste de Rohr il y a deux jours. Et ce dans un contexte bien particulier. Puisque pour la liste que tout le monde attendait, il était plutôt question d’une refonte majeure de l’équipe. Enfin (normal) a-t-on pensé ! Il n’y aurait pas de quoi se plaindre si les performances répétées du onze national n’étaient pas aussi piètres qu’elles l’ont été et le sont actuellement. Vu les noms qui sont revenus, à la surprise générale, il y a lieu de se poser les vraies questions.

Rohr a-t-il vraiment la main libre ? Est-ce que ses choix ont été et sont réellement les siens ? Pourquoi Rohr lui-même qui a annoncé quelques jours plus tôt, l’intégration d’une dizaine de joueurs locaux dans l’effectif nous sort finalement cette liste – là ? Qu’en a-t-il été de ses prédécesseurs ? 

Y a-t-il des obstacles d’une quelconque nature à l’ascension des jeunes en équipe nationale ? Si oui, pourquoi ? Et il faut même pousser le bouchon encore un peu plus loin : Les joueurs entre eux ne sont-ils pas aussi à la base de tout ceci ? 

C’est vrai que c’est indécent mais aujourd’hui, la sorcellerie ( ou la magie noire pour faire plus propre ) est devenue un composant important dans le système. Ce n’est pas moi qui le dit. Quand des joueurs affirment de façon à peine voilée qu’ils ne peuvent plus continuer en sélection pour des phénomènes inexpliqués, ou que d’autres fuient carrément sans explication aucune, il faut se poser des questions. Pire encore quand les coulisses, on a vent d’un certain recours au mystique en vue de meilleures performances dans des compétitions internationales, il faut se poser des questions et les bonnes. Le football béninois ne fait-il pas aussi les frais de l’inconduite et de l’égo surdimensionné de certains cadres de l’équipe nationale ? 

La situation est encore plus alarmante d’autant plus que nous ressortons fraîchement de la CAN Côte d’Ivoire 2023. Une compétition à l’issue de laquelle la conclusion est unanime : IL N’Y A PLUS DE PETITE ÉQUIPE EN AFRIQUE. Malheureusement, cette réalité n’est pas propre à tous les pays. On obtient pas ces performances qu’on a pu voir et admirer à la CAN sur un coup de tête. Dans les autres pays, les acteurs travaillent à élever le niveau du football.

Et l’exemple de la Côte d’Ivoire n’est certainement pas approprié dans ce cas de figure. Avant d’être miraculée, la sélection ivoirienne avait ce qu’il fallait. Le potentiel était là mais peut-être pas bien exploité. Il a simplement fallu mettre les gens qu’il fallait là où il le fallait pour obtenir le résultat final. 

Pendant cette CAN, on a vu un Emerse Faé avoir le courage de mettre au banc quand il le fallait Seko Fofana, Franck Kessié, Serge Aurier, Max Gradel et bien d’autres cadres. Était – ce un manque de respect à leur endroit ? Absolument pas. C’était des CHOIX à faire et des CONSÉQUENCES à assumer. Tout ceci dans un court laps de temps.  Mais ici, c’est une toute autre histoire. 

Dans cette même compétition, on a vu des joueurs locaux représenter valablement leur pays et faire le travail comme il se doit. Notamment l’Afrique du Sud qui a présenté 20 locaux sur les 23 retenus. Résultat ? Demi-finalistes et vainqueurs de la troisième place de la CAN 2023. Il est donc possible de construire sur le long terme avec des footballeurs faits-maison. Qui a imposé au Bénin qu’il faille forcément être dans un championnat extérieur pour jouer en équipe nationale ? Qui a érigé ça en règle ? Il faut bien qu’on puisse nous en expliquer les fondements si tel est le cas. 

Ce sont les joueurs béninois qui nous ont fait découvrir les noms de clubs et de championnats les plus mystérieux au monde… Et là encore dans quelles divisions ? D2 D3 D4. Parfois même D5. Et on est dans ça. 

Une chose est sûre, ce ne sont pas des joueurs talentueux qui manquent dans le championnat local. Les dirigeants de notre football ne les voient peut-être pas ? On pensera dans ce cas à faire des focus sur quelques talents pour attirer leurs regards dessus. Mais l’état de notre football est tout simplement décevant. Et le fait qu’on ne veuille réellement pas corriger les choses l’est encore plus. 

Personne n’attend forcément des merveilles des Guépards. Mais il faut donner aux gens des raisons de croire. Quelle est la réelle politique mise en place par la Fédération Béninoise de Football pour nous sortir de ce bourbier ? Maintenant et pour la relève ? Parce que même pour les enfants du championnat scolaire, il n’y a apparemment pas de politique sportive bien définie pour l’heure.

Depuis le miracle de 2019, plus aucune qualification internationale pour l’équipe nationale. Et au lieu de toucher  du doigt le réel problème, on se voile la face avec des solutions sans tête ni queue. On parle de fond de jeu, vous parlez d’écureuils. La potion magique c’était ça : le changement de nom. Nous sommes tous témoins aujourd’hui du niveau des guépards. De nos guépards. 

Quoi qu’il en soit, il faut que les dirigeants du football béninois cessent de se payer nos têtes. Gernot Rohr a dit viser la Coupe du Monde à défaut de la CAN. Ils le soutiennent, nous les observons. Les Béninois les observent. Ils se retiennent tous de parler tant que les échéances du mondial ne sont pas passées. Pour le moment, tout le monde observe. En attendant, le Bénin affrontera la Côte d’Ivoire et le Sénégal, respectivement le 23 mars à 17h  et le 26 mars à 20h30 dans le cadre des journées FIFA. Bonne chance aux guépards et que les compétences soient !

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