Vous êtes ici :

Il n’a manqué que la victoire au bout (Analyse tactique Bénin-Rwanda)

image du match benin rwanda 22_03_2023
image du match benin rwanda 22_03_2023
image du match benin rwanda 22_03_2023
image du match benin rwanda 22_03_2023

Le Bénin n’a pu se contenter que du match nul face au Rwanda lors de la quatrième journée des éliminatoires de la prochaine CAN. Match nul 1-1 qui permet malgré tout, au Bénin de marquer son premier point dans ces éliminatoires. Dans ce match où le Bénin pouvait espérer mieux, plusieurs enseignements sont à tirer sur le plan tactique au vu du déroulement de la partie. 

Dans le contenu, les Guépards se sont montrés largement au-dessus. Dominateurs la majeure partie de la rencontre, obtenir les points de la partie aurait été logique. Mais l’équipe a payé cher son entame de match timide. Car oui, les hommes de Gernot Rohr n’ont pas tout contrôlé durant cette partie.

Un 5-3-2 difficile à assimiler au départ 

Avant de réellement entrer dans l’analyse, il faut se remettre dans le contexte d’avant-match. Gernot Rohr n’a pratiquement pas eu de réel entraînement avec l’ensemble du groupe. Il n’y avait pas assez de certitudes pour mettre en place tout ce qu’il voulait tactiquement. Il a donc opté pour la simplicité et la sécurité avec une défense à 3. On dira même une défense à 5 vu que l’équipe a débuté en 5-3-2 avant que les pistons ne montent plus par la suite. L’équipe a eu un peu de mal à démarrer la machine. Cela se voyait que certains joueurs n’étaient pas habitués à jouer dans ces dispositions. Le but encaissé en est l’exemple palpable.

Au début de l’action, Matéo Ahlinvi se fait éliminer par un joueur rwandais au milieu et ça crée de l’espace. Junior Olaïtan est censé venir boucher le vide, mais il ne le fait pas. Ça donne le temps à Muhire, le numéro 11 rwandais de se mettre entre les lignes pour demander le ballon dans les pieds. Il emmène donc Cédric Hountondji avec lui et crée un autre espace. Muhire esquive volontairement la passe en profondeur qui trouve Mugisha qui marque en deux temps. Mais juste avant, on s’aperçoit que c’est Imourane Hassane qui était au marquage. Celui-ci n’a pas suivi lorsque le numéro 12 Rwandais a déclenché son sprint. Il pensait que le joueur adverse était hors-jeu vu la position haute de Hountondji. Sauf que le défenseur d’Angers n’a pas joué le piège du hors-jeu, mais a plutôt été piégé par le faux appel de Muhire. En gros, toute l’équipe a été désorganisée par trois passes et la sanction est immédiatement tombée. Les joueurs béninois impliqués sur l’action n’ont pas eu certains réflexes, du fait de leur manque de repères, dans ce dispositif pour Olaitan, et à son poste pour Imourane qui a joué latéral droit. Par contre, l’équipe rwandaise était bien plus rodée, avec plus d’automatismes. 15 premières minutes un peu compliquées pour les Guépards qui n’ont pas été dominés, mais ont été fébriles sur les deux premières occasions franches adverses dont la seconde a coûté cher. 

Le Rwanda à deux doigts de réussir son braquage 

Le Rwanda avait un plan clair. Se sentant en dessous de l’équipe et au vu du fait d’être à l’extérieur, il fallait défendre et profiter de la moindre occasion. Dans un 4-1-4-1 très malléable, Bizimana, le milieu axial rwandais a joué un rôle clé. Devant la défense, il joue un peu le rôle de bouclier, récupère des ballons et assure les premières relances. Il peut parfois même s’incorporer dans la charnière centrale lorsque l’équipe est acculée. Offensivement, il a aussi été au début des actions offensives, notamment sur le premier but. Offensivement, le côté gauche était celui préférentiel. À défaut de faire monter son latéral qui était voué aux tâches défensives, les joueurs offensifs sur ce côté ont posé des problèmes au Bénin. Les joueurs excentrés sur la ligne de 4 au milieu étaient plus haut sur les phases offensives, à l’instar de Mugisha à gauche. Sa complicité avec Muhire, plus au cœur du jeu, a fait des étincelles, notamment sur le but rwandais. Sur le côté droit, il faut tout de même souligner que la première occasion rwandaise venait de là-bas. Dans l’ensemble, une équipe bien organisée en dépit de quelques errements défensifs par moment. Le gardien a été d’une grande utilité. Ce dernier a été défaillant sur une seule action et ça a privé les Amavubis de l’exploit. 

Des Guépards enfin lancés 

Le Bénin a mis du temps à s’adapter au 5-3-2 qui se muait en 3-5-2 sur les attaques. Olaitan a eu une première mi-temps un peu complexe. Le joueur de Niort devait assurer un rôle assez exigeant, non seulement technique, mais aussi énergivore. Il a mis du temps à s’adapter comme l’ensemble de l’équipe. Mais l’ouverture du score a réveillé l’équipe. Si le jeu a été aussi fluide, avec du mouvement et plusieurs combinaisons, c’est parce qu’il n’y avait pas un véritable avant-centre. Les permutations entre Tosin Aiyegun et Jodel Dossou ont causé des difficultés à la défense. Dossou, discret au début, s’est créé trois occasions franches dans les 15 dernières minutes de la première mi-temps. Aiyegun plus à gauche, a fait plusieurs différences sur son côté malgré le fait que son latéral, David Kiki, n’ait pas toujours été d’une grande aide. Seulement la finition n’a pas été au rendez-vous. Des frappes trop axiales et pas assez puissantes en première mi-temps, deux gros ratés en seconde période. Si défensivement, on a eu des problèmes d’alignements dans le 5-3-2, la qualité technique des joueurs offensifs a permis de créer du jeu sur plusieurs séquences avec des circuits préférentiels. 

Seul bémol, il n’y a pas autant d’animation à droite et la raison est simple. En phase offensive, l’on était censé être à trois devant. Aiyegun a pris le côté gauche, Dossou l’axe. À droite, Olaitan devait se projeter, mais son positionnement était assez problématique. Dans le milieu à trois, il devait couvrir les montées de Imourane Hassane. Prendre le côté pourrait créer beaucoup de dégâts à la perte du ballon. Pour revenir à Imourane, il aura fait le job dans l’ensemble, mais ça se voit que ce n’est pas son poste de prédilection. Mais pour un joueur qui est censé dépanner pour un match, on peut lui adresser un satisfecit. 

L’absence de joueur pour animer le couloir droit est surtout due au fait qu’on soit à trois derrière. Ce qui oblige à rester à deux attaquants devant. Mais ce problème a été réglé en deuxième mi-temps, facilité par le carton rouge concédé par le Rwanda. Cela nous a permis de passer à 4 derrière, car la menace était moins présente. Le registre dans lequel jouait le Bénin jusque-là était bon, mais il était temps pour Gernot Rohr de faire du coaching. L’entrée de Stéphane Sessegnon pour stabiliser le jeu et mieux construire les offensives puis, celle de Mounié qui est un vrai avant-centre permet d’être plus direct. L’entrée de Dodo Dokou a apporté aussi plus de technique au milieu. De toute façon, vu que le Rwanda était en infériorité numérique, les Guépards pouvaient assumer le déséquilibre. Ange Josué Tchibozo a aussi tenté d’apporter de la percussion. Les choix se sont avérés payants avec l’égalisation de steve Mounié. Et il y a avait de la place pour un deuxième but. L’on retient aussi un gros manque de réalisme face au but. C’est le point noir dans la production offensive.

Le mérite qu’il faut principalement reconnaître, c’est la capacité à réagir. Mal à l’aise dans le schéma de jeu et mené au score, l’équipe a su réagir et prendre le jeu à son compte. Après le carton rouge du Rwanda, il y a eu le comportement qu’il fallait pour profiter de l’avantage. Il y a eu des matchs où même avec la possession, l’équipe était sans idée. Là, on sentait qu’il y avait de la préparation. Et c’est autant à l’actif de Gernot Rohr que des joueurs. Les trois points auraient validé toutes ces choses positives. Il y a un match retour à jouer pour continuer de croire en la qualification. 

Votre bulletin d’informations…

Votre bulletin d’informations…